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Site déplacéPar Bolivar :: 25/10/2007 à 17:30 :: Général
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NOUVEAU SITE !Le site a changé d'emplacement.Vous le retrouverez sur http://bolivario.ledroideenchaine.com Des médias AUX dessus de tout soupçonsPar Bolivar :: 25/10/2007 à 10:53 :: Amerique du Sud
Au Venezuela, Reporters Sans Frontières appuie depuis deux ans des medias complices de nombreuses violations des droits de l’homme... et appuie sur l’accélérateur dans la campagne mondiale contre le gouvernement de Hugo Chavez. Quels sont ces medias dont RSF valide les informations ? Pourquoi cette stratégie politique d’une organisation supposée impartiale ? Caracas, juin 2004. La récente découverte d’une cache d’armes dans des locaux appartenant a la chaîne TV Venevision, rappelle ce dont les medias commerciaux, quasi monopolistiques au Venezuela, coorganisateur du putsch militaire d’avril 2002, sont capables en termes de déstabilisation politique. Le directeur de la chaîne affirme qu’il s’agit “d’armes rouillées”. La même chaîne de télévision avait, quelques semaines auparavant, comme François Meurisse dans Libération, affirmé que la découverte de 91 paramilitaires colombiens dans une propriété d’un des dirigeants de l’opposition vénézuélienne, était, elle aussi, une manipulation du président Chavez. Un peu vite peut-être : le lendemain, le gouvernement colombien, pourtant peu suspect d’estime pour le président vénézuélien, dénonçait cette invasion et dépêchait sa ministre des affaires étrangers pour superviser le rapatriement des recrues en Colombie. Venevision est la propriété d’un ami personnel de George Bush et Jimmy Carter, Gustavo Cisneros. Auteur du premier coup d’Etat médiatique de ce siècle, ayant fait croire au monde pendant 24 heures que Hugo Chavez avait fait tirer sur son peuple, le Murdoch latino coordonne le putsch en avril 2002, accompagné de l’élite patronale dans son bunker de Caracas et offre son jet aux militaires putschistes pour évacuer le président. Pendant ce temps, Venevision, Globovision, et l’ensemble des chaînes privées célèbrent sur un ton jubilatoire le décret des putschistes abolissant parlement, constitution, défenseur du peuple, et autres institutions démocratiques. En 48 heures de putsch, des medias qui ne cessaient de parler de sauver la liberté d’expression au Venezuela, montrent leur vrai visage. Leurs « journalistes » mènent la chasse aux opposants en direct, sur un ton haletant, en compagnie de la police politique, tout en imposant le black-out sur la résistance croissante de la population civile. Cible privilégiée, les medias associatifs sont persécutés, certains de leurs membres arrêtés : on ne lira aucune protestation de RSF a ce sujet. Les medias tels que Venevision, présentent une longue liste de complices dans les violations de droits de l’homme. Ces implications n’ont pas cessé, comme le montrent les campagnes médiatiques actuelles contre des dirigeants paysans lies a la reforme agraire du gouvernement Chavez, traités d’envahisseurs, de guérilleros, certains assassinés par la suite. En août 2003, lorsque la Commission Nationale des Télécommunications, dans une opération qui serait routinière aux Etats-Unis ou en France, applique la loi et retire quelques relais d’émetteurs installes sans permis légal par Globovision, celle-ci lance une campagne violente contre cette « nouvelle atteinte a la liberté d’expression » (que RSF relaie aussitôt) appelant les citoyens a résister a la dictature qui s’installe au Venezuela. Alors qu’à aucun moment Globovision n’interrompt ses programmes, puisque sa fréquence légale et habituelle ne fait pas problème, les fonctionnaires de la Commission sont conspués et une grenade est lancée par un commando nocturne contre leurs bureaux. Liberté d’expression ou dictature médiatique ?Malgré l’échec de leur putsch, tous ces medias continuent quotidiennement á appeler les militaires d’« agir vite » pour renverser le président, et accentuent leur pression sur le Conseil Electoral, a quelques semaines du referendum présidentiel. Au sein des programmes la contradiction politique est pratiquement nulle. « Que Chavez s’en aille » est le refrain quotidien répeté sur toutes les ondes par les politiques, journalistes, experts, bien d’accord entre eux. Venevision, RCTV, Televen, CMT, Globovision, la radio privée, qui occupent 95% du spectre hertzien, et neuf journaux sur dix, appartiennent a l’opposition. Comme hier au Chili ou au Nicaragua, ils se servent de « la liberté d’expression » comme axe central de la guerre médiatique contre un gouvernement anti-néolibéral, qui a rétabli la souveraineté sur le pétrole, et qui gène beaucoup l’administration Bush. Des medias par ailleurs racistes (Chavez, certains de ses ministres, voire les ambassadeurs et présidentes africains qui le visitent, sont traites de « singes », ce qui a suscite des protestations diplomatiques auprès d’une des chaînes, RCTV, en mars 2004). Le gouvernement Chavez, pour sa part, n’a emprisonne aucun journaliste, fermé aucun média, censuré aucun article. Pourquoi, des lors, les rapports de Reporters Sans Frontières fait-il de Chavez une de ses cibles et valident-ils les allégations des médias privés selon lesquelles le gouvernement Chavez réprime la liberté d’expression ? La stratégie de RSF au VenezuelaDes ses premiers rapports en 2000, RSF parle de Hugo Chavez comme d’un futur Castro. On découvre alors que la correspondante choisie par RSF à Caracas, Maria José Pérez Schael, est ... conseillère de l’opposition. Dans El Universal, en 2002, l’honorable correspondante de RSF parle des putschistes : « mon coeur vibre á la vue des militaires insurgés, de ces hommes vertueux qui défilent sous nos couleurs nationales ». Face aux protestations RSF se résigne á choisir un autre collaborateur. Mais RSF continue de valider sans contre-enquête la version des médias d’opposition. Et omet de dire, par exemple, que des tribunaux vénézuéliens ont établi un lien entre des militaires putschistes et les « auto-attentats » comme celui de Globovision destinés à nourrir une image mondiale répétitive a souhait. A contrario, lorsque la télévision associative Catia Tve, dont les programmes sont fabriques directement par les habitants des barrios (quartiers populaires) et qui émet sur tout l’Ouest de Caracas, est fermée en juin 2003 par un maire d’opposition, RSF, visiblement gêné par le fait que le seul media ferme au Venezuela l’ait été par l’opposition, annonce précipitamment, en septembre 2003 sa « réouverture ». C’est faux. A l’heure où nous écrivons (juin 2004), Catia TVE n’a toujours pas repris ses émissions. La journaliste Naomi Klein s’est étonnée que RSF fasse du gouvernement Chavez une menace pour la liberté d’expression. Selon elle la plus grave menace provient, dans la réalité, de médias capables d’organiser un coup d’Etat et de groupes transnationaux dont le propriétaire, Gustavo Cisneros, ne cache pas son désir de devenir le futur président du Vénézuéla. Récemment le cinéaste argentin Solanas et l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano, qu’on ne peut suspecter de naïveté en matière de Droits de l’Homme, ont témoigné de "l’incroyable liberté d’expression en vigueur au Venezuela".Curieusement les medias français, comme le Monde ou Libération mais aussi Charlie Hebdo récemment, emboîtent le pas aux medias prives vénézuéliens. Seul le Figaro, paradoxalement, a échappé jusqu’ici à cette hystérie. Le patron de RSF Robert Ménard, lui, relaie et renforce les campagnes des empires médiatiques contre une démocratie transformée en « futur Cuba ». Dans la nouvelle revue « Médias » (la revue de ceux qui ne veulent pas critiquer les médias) détenue en partie par RSF, Robert Ménard signe récemment avec Pierre Veilletet un long article plein de fiel sur le thème « La guérilla des altermondialistes contre l’info ». Les auteurs pestent contre Bourdieu, Ramonet, PLPL, Halimi, puis écrivent : « Les “alters” ont toutes les indulgences pour l’ex-putschiste Hugo Chavez, ce caudillo d’opérette qui ruine son pays mais se contente - pour l’instant ? - de discours à la Castro sans trop de conséquences réelles pour les libertés de ses concitoyens ». Ménard reproche ensuite à Ramonet de « passer sous silence les discours virulents d’Hugo Chavez contre la presse, les débordements et les réactions de ses partisans, l’impunité dont ils bénéficient ». RSF n’existait pas encore quand Armand Mattelard analysant l’alliance des grands médias et de la SIP (association de propriétaires de médias) dans le renversement d’Allende, écrivait : « L’enquête judiciaire sur l’administration du journal El Mercurio, accusé d’irrégularités fiscales, a servi de prétexte pour dénoncer de soi-disant mesures coercitives contre la "presse libre". (..) Le message émis par la presse de la bourgeoisie chilienne revient à sa source, renforcé par l’autorité que lui confère le fait d’avoir été reproduit à l’étranger. (..) Nous sommes en présence d’une SIP tautologique. Sa campagne n’est qu’un immense serpent qui se mord la queue. » Au moment où s’effrite en France l’aura d’intellectuels médiatiques et experts en « Droits de l’Homme » qui ont appuyé une guerre dont la barbarie était prévisible, il est temps d’enquêter sur la stratégie politique de Robert Ménard, à travers RSF, au Venezuela. Article du blog anti-sarkozy Venezuela : Entre contrôle ouvrier et bureaucratie persistantePar Bolivar :: 25/10/2007 à 10:48 :: Amerique du Sud
Depuis près de huit mois, les travailleurs de Sanitarios Maracay gèrent leur usine sous contrôle ouvrier. Ils en demandent la nationalisation et proposent de vendre leur production de sanitaires à des prix préférentiels, pour les projets de constructions de logements sociaux lancés par le gouvernement. Cependant, malgré l’appel du président Chávez en 2005 à occuper et nationaliser les usines inactives, les obstacles sont nombreux et la plupart proviennent du propre appareil d’Etat.
par Sébastien Brulez
Le bâtiment annexe de l’Assemblée nationale vénézuélienne se dresse à deux pas de la Place Bolivar, en plein centre de Caracas. Dans la salle climatisée de la Commission de Développement social intégral, le fonctionnaire du ministère du Travail se sent de plus en plus mal à l’aise. Il tortille sur sa chaise et sa cravate semble l’étrangler : « Bon, si vous n’avez pas pu rencontrer le ministre cela n’est pas si grave. Vous pouvez discuter avec nous, de toute façon nous sommes tous révolutionnaires ». Assis à côté de moi, le secrétaire syndical national du Parti communiste esquisse un sourire moqueur. « Tu vois, ça n’est pas pour rire, c’est la réalité de ce qui se passe ici », me chuchote-t-il à l’oreille. Il faut dire que le représentant du ministère vient d’expliquer à la Commission qu’il n’a pas rencontré les travailleurs occupant l’usine mais par contre, il s’est réuni à plusieurs reprises avec le patron, Alvaro Pocaterra. Les représentants des 500 travailleurs de Sanitarios Maracay n’en croient pas leurs oreilles. Leur cas résume un peu le phénomène auquel on assiste aujourd’hui au Venezuela. D’un côté, une population qui a pris conscience de ses droits, de sa condition et du processus de changements dans lequel elle s’est volontairement engagée. De l’autre, un appareil d’Etat qui reste en grande partie bureaucratisé et corrompu, vicié par 40 années de démocratie clientéliste. Mais les huit années de révolution bolivarienne n’ont pas été capables d’éradiquer complètement ces pratiques. Comme le souligne le président Chávez en paraphrasant Antonio Gramsci : « La veille société qui n’en fini pas de mourir et la nouvelle société qui n’en fini pas de naître ». Ce que demandent José et ses camarades c’est une nationalisation de l’entreprise sous contrôle ouvrier. Pas question de nommer un bureaucrate à la tête de l’usine ! Les décisions continueraient à se prendre comme à l’heure actuelle, via le comité d’entreprise élu directement par l’assemblée des travailleurs, à laquelle ce dernier rend régulièrement des comptes. « Usine abandonnée, usine occupée » « Le patron nous accuse de délinquants mais c’est un mensonge. Si c’était le cas, tout cela n’existerait pas. Jusqu’à l’heure actuelle nous avons tout maintenu dans un état impeccable », affirme Fidel en me montrant le four cuisant les pièces de salles de bain à plus de 1 200 degrés. Les premiers à quitter l’usine ont été les cadres, les ingénieurs et le personnel administratif. Ils négocient leurs prestations sociales avec le patron et le ministère du Travail. Parmi les ouvriers, certains ont abandonné la lutte et sont partis chercher un emploi ailleurs. Il faut bien nourrir la famille. Les travailleurs font tourner l’usine mais ne bénéficient d’aucun statut légal pour écouler la production. De plus, les matières premières sont difficiles à obtenir, notamment à cause du boycott des entreprises qui voient d’un mauvais oeil cet exemple d’autogestion. Pour l’instant, on se contente donc de vendre les pièces produites à la communauté des environs. Pas de quoi gagner un salaire digne. A ses heures de gloires, l’usine employait 750 personnes et exportait salles de bain, lavabos et toilettes dans près de 13 pays d’Amérique latine. « C’est comme un apprentissage », explique-t-il. Aujourd’hui il analyse la situation d’un oeil critique : « Ici nous avons un gouvernement révolutionnaire dans lequel il existe encore une bureaucratie qui favorise les capitalistes ». La nécessité de changements structurels En mars dernier, le député de l’Assemblée nationale et membre de la Commission de Contrôle, Eustoquio Contreras, soulignait toute la difficulté de « construire le socialisme et développer des changements structurels, tout en devant respecter les règles du jeu d’un Etat de droit bourgeois. Cela nous pose un grave problème de gouvernabilité. Car une chose est le ’quoi’ et autre chose est le ’quand’, ’comment’ et ’avec qui’ ». « Nous avons passé les premières années [de gouvernement, ndlr] à construire le pouvoir. Mais les espaces laissés par les vieux partis de la démocratie représentative ont été occupés par des acteurs du processus bolivarien qui ne se sont pas toujours révélés suffisamment efficaces. Et aujourd’hui, quand le président Chávez se propose d’approfondir la révolution, il ne dispose pas des personnes avec qui mener à bien ce projet. Il se rend alors compte qu’il a besoin d’un instrument politique et lance la création du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) », expliquait Eustoquio Contreras. Aujourd’hui la construction du PSUV est une réalité. Après un travail préalable de la Commission promotrice, des « propulseurs » ont sillonné le pays et ont recensé plus de 5 millions de futurs militants. Ceux-ci élisent actuellement leurs représentants qui participeront au congrès idéologique. Au départ prévu pour la mi-août, il été reporté au début septembre. M. Chávez vient également de déposer son projet de réforme constitutionnelle devant l’Assemblée nationale, le 15 août dernier. Comme pour le PSUV, l’un des objectifs avancés est d’élaborer les instruments pour une participation plus active de la population. Actuellement les députés étudient la proposition et recueillent les apports de la population à travers ce qu’on appelle ici le « parlementarisme social de rue ». Après le feu vert de l’Assemblée nationale, le projet de réforme devra de toute façon être approuvé par référendum populaire. Faisant allusion à la création du PSUV, M. Chávez a expliqué à plusieurs reprises qu’ « un arbre est en train de naître, nous devons en prendre soin afin qu’il grandisse droit, sans déviations ». Au delà du parti, c’est tout le processus de transformations sociales qui est concerné. Abandonner un modèle de développement pour en inventer un autre ne se fait pas sans risques ni sans contradictions, les travailleurs de Sanitarios Maracay en font l’expérience au quotidien. Mais seule une participation populaire véritable et effective pourra garantir la croissance de la graine d’espoir semée sur le continent latino-américain. Note de la rédaction : depuis la rédaction de cet article, il semble qu’il y ait eu de nombreux changements dans l’usine. Un autre groupe d’ouvriers et d’employés en auraient pris le contrôle . Nos contacts sur place ne nous permettent pas de clarifier davantage la situation.
En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous: RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine Source : Cet article a été publié dans Le Journal du Mardi, Bruxelles et sur La Voix du Sud (http://voixdusud.blogspot.com/) en août 2007. Il a été actualisé avant d’être publié sur le RISAL. Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
La nouvelle politique de l'aide politique au VénézuelaPar Bolivar :: 25/10/2007 à 10:20 :: Amerique du Sud
Cinq ans après la tentative de coup d’Etat contre le président Hugo Chavez, dans laquelle étaient impliqués des groupes financés par les Etats-Unis, les programmes gouvernementaux d’aide politique de ce pays continuent à se mêler des affaires politiques intérieures du Venezuela. Nouvelle stratégie des « democracy builders », les bâtisseurs de démocratie, au Venezuela et dans le monde : le soutien à la résistance non violente par des organisations de la société civile.
par
Tom Barry
Au nom de la promotion de la démocratie et de la liberté, Washington finance actuellement, dans le cadre de sa stratégie mondiale de promotion de la démocratie, une pléthore d’organisations états-uniennes et vénézueliennes — dont une au moins a soutenu publiquement le coup d’Etat d’avril 2002 qui avait brièvement renversé Chavez. Quand il a appris la nouvelle du coup d’État, le président de l’International Republican Institute (IRI, l’Institut républicain international), a félicité ceux « qui s’étaient soulevés pour défendre la démocratie », ignorant le fait que Chavez avait été élu président par deux fois. Malgré ce soutien déclaré à un coup d’État contre un président élu démocratiquement ainsi qu’à la violation flagrante de l’Etat de droit par l’opposition, l’IRI mène encore au Venezuela des programmes de démocratisation financés par la US Agency for International Development (USAID), l’agence des Etats-Unis pour le développement international. L’IRI, un institut prétendument non partisan fondé pour distribuer l’aide états-unienne en matière de promotion de la démocratie et dirigé par John McCain (républicain de l’Arizona), fait partie des cinq organisations non gouvernementales états-uniennes qui attribuent les fonds de l’USAID à des organisations et des programmes politiques vénézuéliens. L’USAID finance également le National Democratic Institute for International Affairs (NDIIA, l’Institut national démocratique pour les affaires internationales), ainsi que trois organisations non gouvernementales : la Freedom House, Development Alternatives Inc. et la Pan-American Development Foundation. Les États-Unis soutiennent des groupes de lutte pour la démocratie et de défense des droits de l’Homme au Venezuela depuis le début des années 1990, mais les fonds consacrés au « democracy-building » ont été fortement revus à la hausse après l’élection de Chavez à la présidence en 1998. L’USAID et la National Endowment for Democracy (NED), la Fondation nationale pour la démocratie, qui finance l’IRI et le NDIIA, ont considérablement augmenté leurs contributions à destination d’associations d’entrepreneurs vénézuéliennes, à la confédération officielle des travailleurs [la Confédération des Travailleurs du Venezuela, CTV], à des organisations de défense des droits de l’Homme et à des coalitions de partis politiques. L’initiative de l’USAID pour la transition Plusieurs mois après le coup d’État avorté de 2002 au Venezuela, le Département d’État états-unien a créé à Caracas l’Office of Transition Initiatives (OTI), le Bureau des initiatives de transition, en recourant aux fonds de l’USAID. L’OTI, qui travaille indépendamment de l’ambassade des États-Unis, poursuit deux objectifs déclarés, qu’elle définit comme suit : d’une part, « renforcer les institutions démocratiques et promouvoir un espace pour le dialogue démocratique » et, d’autre part, « encourager la participation des citoyens au processus démocratique ». En réalité, l’USAID a mis sur pied l’OTI dans l’intention à peine voilée de soutenir les efforts pour évincer le président Chavez. Selon l’USAID, le nouveau bureau « fournirait une assistance à court terme, rapide et flexible répondant à des besoins clés en matière de transition ». Bien qu’elle ne définisse pas clairement en quoi consiste la « transition » souhaitée, l’USAID affirme que Chavez « a lentement usurpé la machine gouvernementale et développé des structures de gouvernance parallèles non démocratiques ». En 2001, dans la description du poste de directeur de l’OTI à Caracas, l’USAID a déclaré que celui-ci serait notamment chargé de « formuler une stratégie et de lancer le programme du nouveau bureau, en tenant compte étroitement des intérêts politiques états-uniens », ainsi que d’« élaborer une stratégie de sortie et un plan opérationnel de retrait ». Plutôt que de financer directement des organisations et des partis politiques vénézuéliens, l’OTI achemine les fonds alloués par l’USAID au travers d’ONG états-uniennes qui, à leur tour, financent une multitude d’ONG et de projets politiques vénézuéliens. Dans son rapport de janvier à mars 2007, l’USAID mentionne 139 sous-subventions attribuées à des organismes vénézuéliens actifs dans 19 des 23 états du pays. L’OTI, qui a fourni une aide à la démocratisation du Venezuela estimée à 30 millions de dollars, n’est pas la seule source de soutien politique états-unien. Le bureau se décrit lui-même comme faisant partie d’un « programme complet d’assistance dont le but est de renforcer les voix et les institutions démocratiques du Venezuela », telles que la NED et d’autres initiatives du Département d’Etat, dont des voyages « éducatifs » offerts à certains acteurs des médias vénézuéliens. Étant donné que l’aide économique états-unienne diminue, l’OTI recherche des fonds locaux pour compléter ses programmes. Dans son rapport de janvier à mars 2007, il prétend avoir récolté 3,5 millions de dollars de contributions locales durant le premier trimestre de l’année. Dans l’évaluation de ses « initiatives de transition » pour la période de janvier à mars, l’OTI affirme : « Le partenariat qui s’est instauré entre des ONG et des citoyens avides de participer de manière directe à leur propre système de gouvernance atteste le succès du programme (…), lequel répond à un important besoin, ce qui pose les fondements d’un avenir démocratique durable. » Bien que les ONG financées par le gouvernement des États-Unis insistent sur le fait qu’elles sont indépendantes, elles coordonnent étroitement leurs programmes, entre elles et avec des fonctionnaires états-uniens. En février 2007, le « chef d’équipe » de l’OTI s’est rendu au Venezuela afin de participer à une session de « planification stratégique » avec les « cinq organisations partenaires de mise en œuvre », comme le relate l’USAID. L’OTI a également organisé une rencontre avec deux douzaines d’ONG vénézuéliennes « qui encouragent la participation des citoyens dans les espaces démocratiques ». Dans son évaluation des opérations en cours pour la période de janvier à mars, l’OTI écrit qu’ « étant donné l’importance croissante accordée aux espaces démocratiques par les partis politiques, la rencontre permettra de parler des synergies entre la société civile et les partis politiques ». Grâce à l’appui de l’OTI, l’IRI et le NDIIA offrent « une assistance technique aux partis politiques » en travaillant directement avec eux, « afin d’améliorer leur capacités en matière de travail de proximité avec les électeurs et de développement institutionnel », selon les termes de l’USAID. Les deux instituts affirment offrir leurs services tant aux partis gouvernementaux qu’aux partis de l’opposition, mais apparemment, seuls ces derniers profitent de l’aide prévue pour la « construction de la démocratie ». La Freedom House (La Maison de la liberté) est surtout connue pour ses rapports très souvent cités Freedom in the World (Liberté dans le monde) et Freedom of the Press (Liberté de la presse). Mais on ignore généralement qu’elle est l’un des principaux bénéficiaires des subventions allouées par le gouvernement états-unien, qu’elle reçoit de manière directe par l’USAID ou par l’intermédiaire du NED. La Freedom House, dont les opérations à l’étranger sont financées presque exclusivement par des subventions gouvernementales, déclare qu’elle travaille « directement avec des réformateurs démocratiques, sur le front, dans leur propre pays », en Asie centrale, en Europe centrale, en Europe de l’Est, au Proche-Orient, en Amérique latine, dans les pays de l’ex-Union Soviétique et dans les Balkans. Elle considère que ses activités à l’étranger « ont l’effet d’un catalyseur pour la liberté, en renforçant la société civile, en favorisant un gouvernement ouvert, en défendant les droits de l’Homme et en favorisant la libre circulation des informations ». Avec les fonds qu’elle reçoit de l’USAID, la Freedom House sponsorise un programme « Human Rights Defenders » (« défenseurs des droits de l’Homme »), dont elle dit qu’il « facilite l’interaction entre la société civile vénézuélienne et celle des autres pays d’Amérique latine, dans le but de les aider à améliorer la communication sur les droits de l’Homme au niveau national, et d’étendre la protection de ces droits ». Elle indique en outre que « le but à plus long terme est d’épauler des groupes qui lutteront pour sauvegarder et améliorer le fonctionnement des institutions démocratiques au Venezuela ». Pour sa part, le Pan-American Development Fund (Fonds panaméricain de développement) a versé début 2007 de l’argent à des ONG vénézuéliennes afin qu’elles « fournissent de l’information sur les activités suivantes : le processus de réforme constitutionnelle, la discrimination en fonction de l’affiliation politique et la persécution des activistes des droits de l’Homme ». Development Alternatives Inc., pour sa part, s’attache à « promouvoir la formation sur la gouvernance et les valeurs démocratiques, à augmenter la participation des citoyens au niveau local et à favoriser la participation d’ONG à des événements internationaux ». « Plan de déstabilisation » — Un « programme d’actions » pour la démocratie En mai 2007, Eva Golinger, auteur américano-vénézuélienne du livre Le Code Chavez et critique réputée des programmes d’aides états-uniens au Venezuela, a accusé la Freedom House et d’autres organisations états-uniennes financées par leur gouvernement d’échafauder un « plan de déstabilisation » (voir Venezuelanalysis.com, 26 mai 2007). Selon elle, l’organisation était en train de concevoir une campagne de résistance non violente au gouvernement Chavez. La Freedom House collabore avec le Center for Applied Nonviolent Action and Strategies (Canvas), basé à Belgrade. Celui-ci a choisi le Venezuela, le Zimbabwe et l’Ukraine comme principales cibles de ses programmes de formation. Sur son site Web, il décrit comme suit sa vision des transitions politiques : « Ces dernières années, on a pu observer des résistances politiques populaires en Birmanie, au Zimbabwe, au Venezuela et au Tibet. Bien que ces mouvements n’aient pas eu raison des dictateurs, ils ont profondément affaibli l’autorité de ces régimes oppresseurs, tant dans les pays concernés que dans la communauté internationale. » En mai 2007, lors d’un conférence de presse à Caracas, Eva Golinger a relevé que le poing serré figurant sur les tracts de protestation contre la « fermeture » de RCTV (la chaîne de télévision la plus importante du pays, accusée par le gouvernement d’avoir soutenu la tentative de coup d’Etat) correspond au logo utilisé dans les campagnes d’opposition en Serbie, en Géorgie et en Ukraine – c’est aussi un symbole que l’on retrouve sur le site Internet du Canvas. Le financement par l’USAID et la NED d’ONG actives au Venezuela reflète la conviction du gouvernement états-unien que le processus démocratique est profondément vicié et que ce type d’aide politique favorisera une « transition » vers une gouvernance plus démocratique – ou pour le moins vers un dirigeant plus acceptable pour Washington. La concentration sur des ONG de l’aide à la démocratisation traduit également la tendance actuelle à considérer la résistance non violente des ONG comme étant l’instrument le plus efficace pour convertir des dictatures en démocraties. Cette nouvelle méthode visant à instaurer des changements de régime a été promue par la NED, la Freedom House, l’Albert Einstein Institution et le Council for a Community of Democracies (Conseil pour une communauté des démocraties). Ces dernières années, la Freedom House s’est fait le chantre de l’action civile non violente comme moyen de renverser les régimes dictatoriaux. Son étude de 2005 intitulée « How Freedom is Won » (« Comment conquérir la liberté ») conclut que 50 des 67 « transitions vers la démocratie survenues au cours des 30 dernières années » ont été en grande partie menées « par la résistance civile au moyen de grèves, de boycotts, d’actes de désobéissance civile et de manifestations de masse ». Peter Ackerman, président du conseil d’administration de la Freedom House, président fondateur de l’International Center on Nonviolent Conflict et co-auteur d’un ouvrage intitulé Strategic Nonviolent Conflict, est l’un des plus fervents partisans du financement international des ONG engagées dans l’action non violente contre les États non démocratiques. Dans un discours prononcé en mars 2007, il a dit de la Freedom House qu’« elle faisait tout son possible pour améliorer le contenu et l’extensibilité des instruments de formation » destinés aux groupes engagés dans l’action non violente. Mark Palmer est un autre éminent défenseur du financement de la résistance non violente par le gouvernement états-unien. Fonctionnaire du Département d’État, il a joué un rôle de premier ordre dans la création de la NED et occupe aujourd’hui la vice-présidence de la Freedom House. Dans son témoignage du 8 juin 2006 adressé à la Commission des relations internationales du Sénat, intitulé « Promotion of Democracy by Nongovernmental Organizations : An Action Agenda », il a appelé à un « renforcement radical de [nos] combattants de la liberté se trouvant sur le front », en clair les ONG. Mark Palmer, acteur-clé dans la création du Council for a Community of Democracies, regrette le fait que les ONG états-uniennes ainsi que « leurs financeurs gouvernementaux ou privés » n’aient pas fait du financement des ONG étrangères engagées dans la constitution de « mouvements nationaux » leur objectif premier. Il préconise une augmentation plus importante de l’aide gouvernementale apportée aux « programmes d’ONG consacrés aux dictatures ». Le financement par les Etats-Unis d’une série d’ONG et de groupes associatifs au Venezuela, y compris la formation et le service de consultation offerts par des organisations telles que le Canvas et l’Albert Einstein Institution, soulève des inquiétudes quant à l’objectif premier, qui pourrait ne pas être véritablement l’avancée de la liberté et des droits de l’Homme, mais plutôt la promotion des intérêts stratégiques états-uniens. Inclure parmi les cibles de construction d’un mouvement national [de résistance] un Etat démocratique tel que le Venezuela, remet en question l’indépendance et l’intégrité des « democracy builders » aux Etats-Unis. Eva Golinger, partisane de Chavez, a formulé le conseil suivant à l’adresse des Vénézuéliens : « Pour la défense de la nation, il serait judicieux de mettre un terme aux actions menées par des groupes tels que la Freedom House et l’International Republican Institute, qui servent de tête de pont au Département d’État et à la CIA, et qui opèrent ouvertement dans le pays. » Démocratie et intervention Il ne fait guère de doute qu’au Venezuela la démocratie est mise à l’épreuve. Ce pays connaît depuis 1958 un régime démocratique relativement stable. Toutefois, en bonne mesure cette stabilité était due à une succession d’élections au terme desquelles les partis bien établis de l’élite accédaient à tour de rôle au pouvoir. En brisant ce modèle, Hugo Chavez a interrompu cette stabilité vantée tout en rendant la politique plus inclusive. Pour la première fois, les pauvres des campagnes et les travailleurs des villes étaient représentés au gouvernement. En gagnant par des majorités impressionnantes plusieurs élections durement disputées depuis 1998, Chavez a renforcé sa légitimité en tant que démocrate. Toutefois, les moyens qu’il a employés pour consolider ses appuis et entrer rapidement dans le « socialisme du XXIe siècle », ont suscité dans les organisations de défense des droits de l’Homme et de la liberté de la presse - dont Human Rights Watch et Reporters Sans Frontières -, des craintes, qui se sont largement répandues, selon lesquelles son gouvernement porte atteinte au processus démocratique. Les questions relatives à l’intégrité de l’aide états-unienne destinée à la démocratisation sont actuellement utilisées par le gouvernement du Venezuela pour faire pression sur l’Assemblée nationale afin que celle-ci adopte une nouvelle loi en vertu de laquelle toutes les ONG recevant des fonds étrangers devraient être soumises à l’évaluation et à l’approbation du gouvernement. Si cette mesure intrusive devait être instituée, Washington en portera au moins en partie la responsabilité, et cela constituera une part de l’héritage antidémocratique laissé par la stratégie de démocratisation suivie par les États-Unis. Il est temps pour les « democratizers » de mettre un terme à leurs opérations au Venezuela et de se retirer. En intervenant dans ce pays par l’intermédiaire d’ONG, Washington accrédite les affirmations de Chavez et d’autres qui accusent le gouvernement états-unien de poursuivre une politique dont le but est un changement de régime au Venezuela. Une politique extérieure plus constructive à l’égard du Venezuela devrait commencer par un soutien à l’autodétermination du pays dans ses affaires politiques et économiques. Les préoccupations à propos de la situation de la démocratie, de la liberté de la presse et des droits de l’Homme pourraient alors s’exprimer à travers les voies diplomatiques habituelles, ce qui n’alimenterait plus les suspicions quant à la participation des Etats-Unis et de leurs institutions de l’ombre à une campagne de sabotage du gouvernement vénézuélien, élu démocratiquement. Toutefois, dans l’état actuel des choses, Washington et sa phalange d’ONG travaillant à la construction de la démocratie ne font pas que soulever des inquiétudes ; elles opèrent afin d’influencer sur place la politique intérieure du Venezuela. Les États-Unis ne toléreraient pas que des pays étrangers et leurs agents s’immiscent dans leur processus politique. Ils ne devraient donc pas s’accorder le droit de faire à autrui ce qu’ils ne voudraient pas qu’on leur fasse.
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RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
Source : IRC Americas Program (http://americas.irc-online.org/), 25 juillet 2007. Traduction : Chloé Meier Woungly-Massaga, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net). |
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